GSIGN

Le Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN)


Missions du GIGN


Le GIGN a pour mission la neutralisation et l'arrestation de personnes particulièrement dangereuses, ainsi que la négociation et la gestion de crises. Cela le conduit à intervenir lors de prises d'otages, d'opérations délicates de police judiciaire, de détournements d'avions, et d'une manière générale lors de tout incident à caractère terroriste.

Les principes d'action du GIGN sont de répondre à la surprise par l'organisation, à la force par la souplesse, et d'adapter la juste riposte à la menace. Les membres du GIGN se considèrent avant tout comme des gendarmes au service du droit et toutes leurs interventions se déroulent dans le plus strict respect de la vie humaine.


Organisation du GIGN


Le GIGN compte environ 110 officiers et gendarmes. Le Groupe est organisé en une cellule de commandement, une section de soutien opérationnel (cellule matériels, cellule technique...), une section d'appui opérationnel (moyens spéciaux, cellules négociation, évaluation, transmission...), et 4 sections opérationnelles de 15 gendarmes chacune. Les deux premières comprennent des plongeurs d'intervention (18 au total), et les deux autres des chuteurs opérationnels (18 également).


Les conditions statutaires pour entrer au GIGN


Les candidats viennent de toutes les unités de gendarmerie. Il faut être gendarme de carrière, être bien noté, avoir moins de 32 ans, et être apte TAP (troupes aéroportées).

Les tests d'entrée

Ils se déroulent sur une semaine et sont à juste titre redoutés des candidats. L'accent est mis sur la performance. Les notions d'endurance et de rusticité n'apparaîtront que plus tard, lors du stage probatoire. Les candidats sont donc placés en situation pour donner le meilleur d'eux-mêmes durant la semaine.

À titre d'exemple (les épreuves peuvent varier, et il y a toujours des surprises...), voici la semaine de sélection telle que vécue par un candidat récent :


Lundi :
- Rédaction sur les motivations pour entrer au Groupe
- Tests de connaissance générale sur la gendarmerie et le Groupe
- Tests d'agrès (maximum de tractions, abdominaux et pompes en 2 minutes)
- Corde 6 m bras seuls
- Marche commando de 8-9 km, en treillis rangers, sac à 11 kg, arme
- Tir FAMAS et pistolet automatique


Mardi :
- Piste d'audace : tyroliennes, gouttière, asperge, cheminée, échelle spéléo... chronométrée.
- Exercices de mémorisation.
- Parcours dans le noir
- Exercice de recherche de renseignements
- Saut de pont
- Course d'orientation sans boussole


Mercredi :
- Test de résistance au lacrymogène et de mémorisation
- Observation et mémorisation
- Parcours bras


Jeudi :
- Natation : saut du plongeoir de 10 m, 100 m chrono suivi de 50 m apnée, pieds et poings liés départ plongé.
- Parcours du combattant
- Tour d'escalade : gouttière, mur d'escalade...


Vendredi :
- Test d'agressivité : boxe pieds-poings
- Entretiens avec les officiers et chefs de groupe du GIGN


La formation au GIGN


Pour les candidats qui réussissent les tests d'entrée, le processus continue avec 6 à 8 semaines intenses de pré-stage au sein du centre de formation du GSIGN : formation au tir et formation physique (sports de combat, escalade...), combat.. Ce n'est qu'au terme de ce pré-stage que les gendarmes sélectionnés entament une période de 9 mois de formation aux techniques d'action de l'unité. Finalement, c'est au terme d'un an de formation au total que les gendarmes sont affectés dans une section opérationnelle.


L'entraînement au GIGN


Pour que le GOGN reste toujours au maximum de ses capacités, les membres s'astreignent en permanence à un entraînement intensif.
L'entraînement individuel fait la part belle à une pratique intensive de toutes sortes de sports de combat, au développement de l'endurance (escalade et rappel sur la tour du Groupe, course à pieds, natation, vélo, musculation) et au tir à toutes sortes d'armes (en moyenne 100 cartouches par jour et par gendarme).
L'entraînement semi-collectif s'effectue dans le cadre de la section opérationnelle : progressions tactiques, étude et mise en œuvre de nouveaux matériels, exercices héliportés etc.
L'entraînement collectif, au niveau du Groupe, se pratique lors des exercices de mise en œuvre de plans antiterroristes comme PIRATAIR et PIRATMER : prise d'otages dans un avion ou un bateau.

  

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Historique

Le facteur déclenchant:                            


            Les événements de 1972 font naître dans de nombreux pays, une réflexion sur les problématiques de lutte contre les agressions terroristes. La prise d’otages qui se déroule en septembre 72 aux Jeux Olympiques de Munich (Allemagne) en est le catalyseur le plus marquant. Mais la réflexion est déjà dans les esprits depuis quelque temps et dès novembre de cette même année, la gendarmerie propose de créer, en région parisienne, un commando destiné à lutter contre la piraterie aérienne, constitué à partir d’éléments sportifs entraînés et dont l’intervention pourrait être demandée sur l’ensemble du territoire national .

            A sa création en 1974, le GIGN (Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale) est scindé en deux groupes:

- le GIGN 1, basé à Maisons-Alfort (Val-de-Marne), descendant de l'ECRI (Equipe commando régionale d'intervention) créée au sein de l'escadron 2/2 de gendarmerie mobile.


-le GIGN 4, basé à Mont-de-Marsan (Landes), au sein de l'escadron 9/11 parachutiste de gendarmerie mobile.

            Les deux unités sont regroupées en 1976 à Maisons-Alfort, au sein d'un seul GIGN, déplacé en 1983 à Versailles (Yvelines).


En 1984, les capacités antiterroristes de la gendarmerie se développent et un GSIGN (Groupement de sécurité et d'intervention de la gendarmerie nationale) est créé, qui intègre le GIGN, l'escadron 9/11 parachutiste rebaptisé EPIGN  (Escadron parachutiste d'intervention de la gendarmerie nationale) et le GSPR  (Groupe de sécurité de la présidence de la république) créé en 1983 pour assurer la sécurité du


chef de l'Etat. Enfin, en 1985, est créé le groupe instruction, qui portera par la suite les noms de centre de formation puis de GISA (Groupe d'instruction et de sécurité des activités).


Dans un souci d'adaptation permanente de l'outil de contre-terrorisme à la menace, une importante réforme est engagée en 2007. Elle conduit à la création d'un nouveau GIGN, à la date du 1er septembre 2007, qui incorpore désormais au sein d'une même unité le GIGN de 1974, l'EPIGN, le détachement gendarmerie du GSPR et le GISA.

Depuis l'origine, les hommes du GIGN se sont engagés dans des opérations célèbres et sur des zones de crise multiples en France comme à l'étranger, libérant ou évacuant plus de 600 otages et 700 ressortissants français et étrangers menacés.


L'intervention conduite le 26 décembre 1994, au cours de laquelle les otages du vol AF 8969  furent libérés sains et saufs sur l'aéroport de Marseille-Marignane, reste l'exemple des situations extrêmes que le GIGN et l’EPIGN sont en mesure de gérer aujourd'hui plus encore qu'hier.